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MADAGASCAR: TOLIARA : LE DOSSIER FONCIER « LA CYBELLE » REBONDIT APRÈS UN ACCORD À L’AMIABLE, UNE ARRESTATION RELANCE LES TENSIONS

Alors qu’un différend foncier vieux de plusieurs années semblait enfin trouver une issue grâce à une médiation entre les héritiers de la famille Rakotobe et une association de cultivateurs, l’affaire du terrain dit « La Cybelle », situé à Ankiliabo-Ankatepoky, dans la commune rurale d’Ankililoaka (district de Toliara II), connaît un nouveau rebondissement qui suscite de nombreuses interrogations.

AJC28 juillet 20263 min
MADAGASCAR: TOLIARA : LE DOSSIER FONCIER « LA CYBELLE » REBONDIT APRÈS UN ACCORD À L’AMIABLE, UNE ARRESTATION RELANCE LES TENSIONS

**MADAGASCAR: TOLIARA : LE DOSSIER FONCIER « LA CYBELLE » REBONDIT APRÈS UN ACCORD À L’AMIABLE, UNE ARRESTATION RELANCE LES TENSIONS

Par la rédaction – Gate News Africa**

Alors qu’un différend foncier vieux de plusieurs années semblait enfin trouver une issue grâce à une médiation entre les héritiers de la famille Rakotobe et une association de cultivateurs, l’affaire du terrain dit « La Cybelle », situé à Ankiliabo-Ankatepoky, dans la commune rurale d’Ankililoaka (district de Toliara II), connaît un nouveau rebondissement qui suscite de nombreuses interrogations.

Selon les informations communiquées par les parties concernées, les héritiers de Rakotobe et les membres de l’association F.M.M.H.I. (Fikambanana Mandrosoana Misitraka ny Harena eny Ifotony) étaient parvenus à un accord mettant définitivement fin aux procédures judiciaires engagées autour de cette propriété.

Un accord présenté comme définitif

Le 23 juillet 2026, les avocats des héritiers ont officiellement annoncé, sur le terrain même de « La Cybelle », la fin du conflit. En présence des représentants de l’association et des autorités foncières, il a été convenu que la propriété serait partagée en deux parties égales.

Ainsi, 5,4 hectares devaient revenir aux agriculteurs membres de l’association qui exploitent la terre depuis plusieurs années, tandis que les 5,4 hectares restants demeureraient la propriété de Madame Baofety Mamy, présentée comme l’unique héritière légale de Rakotobe Pierre.

Les parties avaient alors affirmé vouloir privilégier la tradition malgache du fihavanana, fondée sur la réconciliation et la préservation de la paix sociale.

Une intervention administrative inattendue

Le lendemain, le 24 juillet, la situation aurait brusquement changé.

D’après les témoignages recueillis, le chef de fokontany aurait été contacté par téléphone par une personne se présentant comme une haute responsable du ministère chargé de l’Aménagement du territoire à Toliara. Une délégation officielle se serait ensuite rendue sur place.

Au cours de cette réunion publique, cette responsable aurait déclaré agir au nom du ministre compétent ainsi que du chef de région Atsimo Andrefana.

Selon ses déclarations rapportées par plusieurs témoins, un certificat d’immatriculation foncière existerait déjà au nom d’une personne décédée, identifiée sous le nom de Dety, présentée comme un autre descendant de Rakotobe.

Sur cette base, les cultivateurs membres de l’association ainsi que les héritiers présents auraient été invités à quitter immédiatement le terrain et à suspendre toute activité agricole.

Les habitants réclament les documents officiels

Face à ces affirmations, les représentants de la communauté locale ont indiqué ne pas connaître cette personne présentée comme propriétaire.

Ils affirment disposer, pour leur part, d’actes de naissance, de pièces d’identité ainsi que de documents légalisés attestant que Madame Baofety Mamy serait l’unique héritière encore en vie de Rakotobe Pierre.

Au nom de l’association F.M.M.H.I., Madame Rasoanirina Joceline a publiquement demandé que soient présentés les documents invoqués par les représentants de l’administration, notamment :

* le certificat foncier mentionné ;

* toute décision de justice ordonnant leur expulsion ;

* les actes justifiant l’interdiction de poursuivre les cultures.

Selon les personnes présentes, la représentante de la délégation aurait confirmé détenir ces documents tout en indiquant ne pas pouvoir les montrer publiquement.

Par ailleurs, les géomètres venus procéder à un éventuel bornage n’auraient finalement pas effectué leur mission après examen des documents présentés par les deux parties concernées.

Une arrestation qui soulève des interrogations

Quelques heures après cette réunion, Madame Rasoanirina Joceline a été interpellée dans son commerce puis placée en garde à vue auprès de la brigade de recherches de la Gendarmerie à Toliara.

Son avocat, qui s’est présenté le 25 juillet afin de déposer les documents de défense, indique avoir appris que sa cliente était soupçonnée notamment d’avoir tenté de s’approprier le terrain litigieux et d’avoir usurpé la qualité d’émissaire du ministre chargé de l’Aménagement du territoire.

Ces accusations surprennent les membres de l’association et les héritiers, qui estiment qu’elles ne correspondent pas au déroulement des faits tel qu’ils disent l’avoir vécu.

Ils évoquent l’existence de vidéos et d’enregistrements audio réalisés durant la réunion publique, susceptibles, selon eux, d’éclairer les circonstances exactes de cette intervention.

Une affaire appelée à se poursuivre

À ce stade, les autorités compétentes n’ont pas encore communiqué officiellement leur version des faits ni précisé les éléments ayant motivé l’interpellation.

Les héritiers de Rakotobe ainsi que les membres de l’association affirment qu’ils poursuivront leurs démarches afin de faire reconnaître leurs droits, tandis que l’enquête suit son cours.

L’affaire « La Cybelle » illustre une nouvelle fois la complexité des litiges fonciers à Madagascar, où se croisent parfois droits coutumiers, titres administratifs, décisions judiciaires et revendications historiques. Les développements attendus dans les prochains jours pourraient apporter des éclaircissements sur ce dossier particulièrement sensible.

Gate News Africa suivra cette affaire et publiera les réactions des autorités concernées dès qu’elles seront disponibles, afin de garantir une information équilibrée et conforme au principe du contradictoire.

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